YOULOUNE

     Depuis notre rencontre autour du projet de La Petite Floride, Youloune est une des artistes avec laquelle notre organisme collabore régulièrement.

     Illustratrice et animatrice d’ateliers participatifs, Youloune combine avec harmonie créativité, générosité et authenticité. Avec cette artiste de talent, le processus de création devient une occasion de saisir la magie du quotidien et d’encourager les échanges impromptus. Le temps d’un pompon de laine, d’un cerf-volant ou d’un croquis, l’instant partagé devient un vecteur pour tisser des liens.

Youloune
J’ai toujours un carnet de croquis à la main, je dessine tout le temps ce que j’ai autour de moi, dans les cafés ou les transports. C’est parti du constat que j’étais beaucoup trop souvent sur mon téléphone. Dans le métro, tout le monde est souvent sur son téléphone, il y a quelque chose d’addictif. J’ai troqué mon téléphone contre mon carnet pour retrouver le plaisir de dessiner. Je me suis rendue compte que les gens ne me voyaient pas quand je les dessinais, j’ai fait comme ça une soixantaine de portraits* -qui ont été exposés à Temps Libre-. Personne ne m’a remarqué lorsque je les dessinais. C’est aussi un rendu, une analyse de notre société.
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J’apprécie la fraîcheur des jeunes publics. Il n’y a pas de barrières, de vision fermée. Ils sont toujours dans la soif d’apprendre et dans la fraîcheur de communiquer, de dire ce qu’ils pensent et ce qu’ils voient très directement. Ce sont toujours des échanges qu’on n’a pas prévu, qui sont très spontanés et très nourrissants.”

“Les activités gratuites brisent vraiment une barrière et permettent que tout le monde se sente bienvenu. Cela crée un point de rencontre et parfois un prétexte. Un atelier pompons peut être un prétexte à échanger. C’est réapprendre à se parler, c’est partager un moment agréable ensemble dont on se rappellera. Au Café suspendu, lorsque je fais les croquis, il y a quelque chose de très harmonieux, on est au-dessous de la ville comme suspendu, c’est comme une parenthèse.

Ces croquis ont été réalisés lors de sessions au Café suspendu, situé au belvédère Camilien Houde du mont Royal. 

 

Pour en savoir plus sur les projets de Youloune, consultez son blogue : http://youloune.blogspot.com/

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NICHOLAS ET EVANS

Débordants d'idées et d'énergie, ces deux membres du collectif Bout du Monde portent haut et fort l'étendard d'une jeunesse créative et engagée. Rencontrés au Village au Pied-du-Courant, Nicholas et Evans nous ont partagé leurs réflexions sur l'implication citoyenne et sur l'inclusion dans l'espace public. 

Crédit photo : Charles-Olivier Bourque 

Crédit photo : Charles-Olivier Bourque 

Bout du monde est un collectif où on met l’emphase sur la question. On questionne le système. On ne veut pas juste devenir des citoyens dociles et ignorants, on veut devenir des citoyens conscients et être dans un sens activistes. Un citoyen, c’est une personne qui habite sur un territoire et qui a une responsabilité. C’est son choix s’il va l’accomplir ou la négliger. On a choisi de l’accomplir.”


”Nous sommes 5 jeunes qui essayons d’amener un nouveau regard, de montrer que la mentalité de la jeunesse peut avoir un impact sur la société. Alors que la société d’aujourd’hui est un peu malade, on a besoin des jeunes qui ont une mentalité fraîche, on doit écouter les jeunes car nous proposons d’écouter une version différente de celles des adultes.
— Evans
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Ce projet nous a permis d’être plus ouverts envers les personnes, d’être moins gênés, de savoir ce qu’est le savoir vivre et de situer une place d’adulte et d’enfant. Ici, on est dans une place où tout le monde doit être accepté, quelle que soit son origine et son âge. Un espace inclusif, c’est dans la manière dont les gens traitent et acceptent les gens dans cet espace. C’est dans le respect.
— Nicholas
Crédit photo : Charles-Olivier Bourque

Crédit photo : Charles-Olivier Bourque

Avec Bout du Monde, on est en train d’occuper l’espace. Occuper l’espace, c’est vivre l’espace à notre plein potentiel. Ce n’est pas juste errer et contempler l’espace, c’est imposer notre esprit dans l’espace. Si on veut jouer au basket par exemple, on joue au basket.
— Evans
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AURORE

     Tous les jeudis, Aurore est au Mini Village avec sa famille. Autour du kiosque alimentaire de son entreprise familiale Miss Mav, les enfants jouent et les familles se retrouvent pour échanger les pieds dans le sable. Rencontre avec cette citoyenne engagée d’Hochelaga-Maisonneuve, pour qui le tissu communautaire est au coeur de la vie de quartier.

Crédit photo : Cannelle Wiechert

Crédit photo : Cannelle Wiechert

J’apprécie beaucoup l’espace du mini-village, c’est notre petit jardin familial du jeudi après-midi où tout le monde a sa place et vient s’investir à sa façon. On se réapproprie la ville de Montréal. Plutôt que de rester chacun dans son quartier, ce site offre un lieu de rencontres pour des gens qui viennent de tous les quartiers dans un cadre communautaire. Cela fait vivre la ville en fait. Les gens apprécient d’avoir un espace où ils peuvent venir avec leurs enfants et les laisser aller s’amuser. On se sent en sécurité et on peut laisser les enfants jouer librement. Si des mini-villages pouvaient fleurir dans tous les quartiers de Montréal, on en voudrait partout.

Les gens viennent pour profiter de l’espace. Je considère que je ne suis pas là comme un traiteur qui vient vendre à manger, je suis plus là comme une citoyenne qui vient participer à la journée. Comme maman entrepreneuse, je viens avec ma famille pour profiter de l’espace et j’échange avec les autres parents. On a toujours des amis qui viennent, puis on en rencontre des nouveaux.
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Je dirai que mon quartier, Hochelaga, c’est ma maison. Je me suis appropriée mon quartier, je connais les gens et ils me connaissent. Avec les organismes communautaires que j’ai découvert à Hochelaga, j’ai découvert de secondes maisons. Il y a toutes sortes de services et les organismes sont différents les uns des autres. D’un organisme à un autre, tu rencontres des personnes différentes et c’est cette diversité d’approches et de personnes qui permet de briser l’isolement. Que tu sois seule ou que tu aies une famille, tu trouves ton épanouissement dans cette vie communautaire. Tu peux sortir de chez toi et trouver un endroit où t’asseoir et échanger. C’est comme une autre génération de cafés où tu peux rencontrer des gens et faire des activités.
Crédit photo : Cannelle Wiechert

Crédit photo : Cannelle Wiechert

La cuisine unit beaucoup les gens. L’alimentation est un sujet dont tout le monde peut parler et qui a sa place dans les organismes, car elle permet de tisser des liens et d’ouvrir à d’autres cultures. En ce qui me concerne, j’essaye d’apporter ma part en travaillant plus avec les enfants. J’ai toujours aimé la cuisine, et je voulais quelque chose ou tu avais le temps de rencontrer les gens, je voulais travailler à petite échelle. En tant que maman entrepreneur, j’aime le fait de pouvoir intégrer mes enfants à mon travail. Il faut apprendre aux enfants à manger de tout. Je veux porter attention aux familles et à leurs besoins.
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MICHEL

     Michel co.construit l’espace collectif Le Carré Notre-Dame-des-Victoires.

     Entre Michel et le projet du Carré NDV, cela a été une rencontre organique. De celles qui se font simplement, en un déclic, et durablement, avec la constance dans l’entraide et l’authenticité dans la complicité. Des prémisses du chantier au quotidien estival, Michel est toujours là, prêt à donner un coup de main et à encourager la vie de quartier.

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Ce projet a changé énormément de choses. Les activités dans le parc ont commencé puis les installations sont arrivées et aujourd’hui, il y a plein de monde. Je n’arrête pas de dire à mes connaissances de venir, pour qu’ils s’intéressent plus à la vie montréalaise de quartier. Les gens ne sont pas juste en train de manger, les gens se parlent et les enfants jouent. Je suis heureux du bruit qu’ils font. Tout le monde est là : enfants, bébés, adultes, ados.
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Ce carré-là m’intéresse car ce sont des gens qui viennent dans le parc et qui sont solidaires les uns des autres. La vie de quartier est presque comme une vie de famille. Si le voisin a besoin d’un coup de main, je suis là. J’adore donner un coup de main. Je ne peux pas regarder quelqu’un avec un marteau dans les mains et ne rien faire. C’est de l’entraide. La vie de quartier, ce n’est pas juste une définition physique, avec maison, fenêtre et compagnie, c’est philosophiquement comme une famille. C’est le relationnel qui m’intéresse le plus »

« J’appartiens à ce quartier. Je n’ai pas eu depuis 6 ans que j’habite ici l’envie de déménager. Le seul bruit qu’il y a dans le quartier, c’est les cloches de l’église et les gamins de l’école. Ce n’est pas du bruit, c’est de la vie. Ici on est dans l’Est, qui a toujours été considéré comme plus pauvre. Moi, je n’ai rien contre la richesse, mais j’ai tout contre la pauvreté.
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     Créatrice des Enfants de l’aube, Elisabeth est à l’initiative de discussions philosophiques en communauté, Les Vagabonneries, qui se déroulent les soirs d’été aux Jardineries.

    Au cœur de la prairie mellifère, en réunissant des personnes d’horizons différents, elle fait naître un laboratoire d’écoute et de parole pour explorer en communauté une question philosophique. Un espace de dialogue qui vient tenir tête à la culture du small talk et qui invite à repenser le vivre ensemble, en célébrant la divergence des opinions.  

Elisabeth
Je n’aime pas trop le small talk, j’aime parler des vraies affaires. C’est quelque chose que je me suis fait beaucoup reprocher dans mes cercles d’amis. Les gens trouvaient cela lourd. Puis, je me suis rendue compte qu’il y avait d’autres personnes comme moi qui aimaient parler de ces grands sujets universels ou pousser plus loin que la surface. J’ai décidé de l’incarner à fond et d’inviter les gens qui ressentent la même chose que moi à se réunir. Et cela a fonctionné. Ce sont des gens très différents mais qui ont l’appel d’aller au fond des choses
Ce que je propose dans ces rencontres, ce n’est pas de venir vendre ton point. Sur Facebook on défend son point plutôt que de révéler la sagesse de nos opinions. Dans la co-construction d’idée, il faut écouter l’autre. Cela ne veut pas dire de penser à ce que tu vas répondre quand la personne te parle, mais plutôt d’écouter, il faut t’arrêter, prendre un temps de silence pour recevoir et voir ce qui résonne ou non avec toi. C’est toujours dans l’intention du bien commun. C’est vraiment une question d’intention qui est différente, on travaille ensemble. Ces espaces que je crée aident à pratiquer l’écoute, à pratiquer la tolérance envers l’opinion qui diverge de la nôtre et à travailler le vivre ensemble.
Vagabonneries
Je trouvais intéressant de se rassembler dans un lieu ouvert, d’aller à la rencontre des personnes différentes, et surtout de se réunir dans un climat de bienveillance. Le but est de co-construire une idée car on a tous des expériences différentes et on peut contribuer d’une façon ou d’une autre à faire cheminer l’autre. On n’est pas là pour être dans l’ego, c’est un lieu pour parfois apprendre à prendre parole, pour s’essayer, pour avoir l’humilité d’écouter les autres et de voir ce que les gens ont à apporter. 

C’est très important pour moi que ces rencontres soient accessibles à tous et qu’il n’y ait pas de frein monétaire. C’est vraiment une initiative qui me touche et qui s’inscrit dans la permaculture humaine. Je voulais rassembler cette diversité de gens dans un endroit où la nature est présente car la nature est la première enseignante. Être à son contact est inspirant. Il y a des gens dans la ville qui n’ont pas accès à ce contact-là.
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