Créatrice des Enfants de l’aube, Elisabeth est à l’initiative de discussions philosophiques en communauté, Les Vagabonneries, qui se déroulent les soirs d’été aux Jardineries.

    Au cœur de la prairie mellifère, en réunissant des personnes d’horizons différents, elle fait naître un laboratoire d’écoute et de parole pour explorer en communauté une question philosophique. Un espace de dialogue qui vient tenir tête à la culture du small talk et qui invite à repenser le vivre ensemble, en célébrant la divergence des opinions.  

Elisabeth
Je n’aime pas trop le small talk, j’aime parler des vraies affaires. C’est quelque chose que je me suis fait beaucoup reprocher dans mes cercles d’amis. Les gens trouvaient cela lourd. Puis, je me suis rendue compte qu’il y avait d’autres personnes comme moi qui aimaient parler de ces grands sujets universels ou pousser plus loin que la surface. J’ai décidé de l’incarner à fond et d’inviter les gens qui ressentent la même chose que moi à se réunir. Et cela a fonctionné. Ce sont des gens très différents mais qui ont l’appel d’aller au fond des choses
Ce que je propose dans ces rencontres, ce n’est pas de venir vendre ton point. Sur Facebook on défend son point plutôt que de révéler la sagesse de nos opinions. Dans la co-construction d’idée, il faut écouter l’autre. Cela ne veut pas dire de penser à ce que tu vas répondre quand la personne te parle, mais plutôt d’écouter, il faut t’arrêter, prendre un temps de silence pour recevoir et voir ce qui résonne ou non avec toi. C’est toujours dans l’intention du bien commun. C’est vraiment une question d’intention qui est différente, on travaille ensemble. Ces espaces que je crée aident à pratiquer l’écoute, à pratiquer la tolérance envers l’opinion qui diverge de la nôtre et à travailler le vivre ensemble.
Vagabonneries
Je trouvais intéressant de se rassembler dans un lieu ouvert, d’aller à la rencontre des personnes différentes, et surtout de se réunir dans un climat de bienveillance. Le but est de co-construire une idée car on a tous des expériences différentes et on peut contribuer d’une façon ou d’une autre à faire cheminer l’autre. On n’est pas là pour être dans l’ego, c’est un lieu pour parfois apprendre à prendre parole, pour s’essayer, pour avoir l’humilité d’écouter les autres et de voir ce que les gens ont à apporter. 

C’est très important pour moi que ces rencontres soient accessibles à tous et qu’il n’y ait pas de frein monétaire. C’est vraiment une initiative qui me touche et qui s’inscrit dans la permaculture humaine. Je voulais rassembler cette diversité de gens dans un endroit où la nature est présente car la nature est la première enseignante. Être à son contact est inspirant. Il y a des gens dans la ville qui n’ont pas accès à ce contact-là.
Posted
AuthorLa Pépinière I Espaces collectifs